L’atmosphère est transparente au rayonnement lumineux mais retient une partie des infrarouges. En effet, la lumière qui parvient au sol est en partie réémise sous forme d’infrarouges en fonction de l’albédo, c’est-à-dire la capacité des surfaces à réfléchir la lumière. Différents gaz de l’atmosphère permettent de retenir ces infrarouges et créent, ainsi, un effet de serre. Sans ces gaz à effet de serre (GES), la température moyenne terrestre serait de -19°C alors qu’elle est actuellement de 14 degrés. C’est donc dire que les GES sont en réalité essentiels à la vie sur Terre telle qu’on la connaît! Le problème est que l’addition relativement récente de GES par l’humanité provoque l’augmentation de la quantité de chaleur retenue dans le système et crée donc un réchauffement global accru qui génère des changements climatiques sans précédents. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC – http://www.ipcc.ch) a produit quatre séries de rapports sur le sujet depuis 1990. Dans la dernière série de rapports publiée en 2007, on y indique que les émissions anthropiques sont très vraisemblablement (avec un niveau de confiance de plus de 90%) responsables du réchauffement global observé actuellement. Le GIEC anticipe que ce réchauffement global devrait être de l’ordre de 2°C en 2050. Depuis le début de l’ère industrielle, la concentration de C02 atmosphérique, le principal GES d’origine anthropique, est passé de 280 ppm (partie par million) à 390 ppm en 2008. Le suivi de la concentration de CO2 peut être consulté sur http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/co2_data_mlo.html
La principale source naturelle à long terme de CO2 atmosphérique est liée au volcanisme, alors que les principaux puits sont attribuables à la fixation océanique des carbonates et à la photosynthèse par les arbres. Le volcanisme moyen est largement compensé par les puits naturels. Contrairement au cycle de la photosynthèse-respiration-décomposition (dit « biogénique »), le cycle « physique » est bouclé sur de très longues périodes de temps, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’années, voire de milliards d’années.
Normalement, les puits équilibrent les sources et la concentration de CO2 de l’atmosphère tend à demeurer stable. Toutefois, depuis le début de l’ère industrielle, cet équilibre vieux d’environ 2 millions d’années est rompu. La quantité de GES émanant des sources combinées (anthropiques et naturelles) est désormais supérieure d’environ 40% par rapport à ce que les puits peuvent capter.
Bien que les GES constituent une composante mineure de l’atmosphère, qu’ils soient de sources naturelles ou anthropiques, leurs effets sur le climat via l’accroissement de l’effet de serre est important. Les principaux gaz à effet de serre (et leur concentration atmosphériques) sont :
Sources naturelles ou anthropiques :
Sources strictement industrielles :
Comme la vapeur d’eau (H2O) a un cycle d’une durée moyenne de 9 jours dans l’atmosphère, elle n’intervient pas dans les changements climatiques. Seuls les gaz à longue durée de vie sont responsables de cette croissance et l’unité de référence est le CO2. Chaque GES est ainsi rapporté par rapport en terme « d’équivalent en CO2 » (CO2eq.), lui-même traduit en « Potentiel de Réchauffement global » (PRG ou GWP en anglais) de chaque gaz (par ex. : PRG CO2 = 1, PRG CH4 = 25, PRG N2O= 290 , selon GIEC 2007). Globalement, le H20 est responsable d’environ 65% de l’effet de serre naturel, alors que le CO2 – en dépit de sa relativement faible concentration atmosphérique – en est responsable de 25%, ce qui montre bien qu’une infime augmentation de la concentration de ce dernier est suffisante pour accroitre significativement l’effet de serre naturel.
Ce sont des unités transigées sous forme de tonne équivalent CO2. Par l’établissement d’un tel marché, la tonne eq. CO2 a maintenant un coût. En fait c’est «l’absence» ou la réduction additionnelle de 2 qui est transigée. En fonction des différents marchés (règlementaire ou volontaire) les crédits CO2 ont différentes appellations.
Principaux crédits du marché règlementé du protocole de Kyoto
Principaux crédits du marché règlementé du protocole de Kyoto
Les crédits de CO2 – souvent appelés « crédits carbone » – sont générés par un système dans lequel il y a une incitation financière qui est introduite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une limite d'émission, un plafonnement (« cap »), est imposé aux participants. Ce plafonnement constitue l'aspect contraignant du système. Ce plafond permet aux autorités (gouvernements) de distribuer des allocations ou quotas d’émissions. Certaines organisations sont capables de respecter leur quota d’émissions et d’autres non, ce qui crée la rareté. Ensuite, le marché (« trade »), quant à lui, constitue la partie flexible du système. Il permet aux entreprises qui ont des coûts plus élevés de réduction de leurs émissions de pouvoir aller acheter des crédits carbone à de meilleurs prix, notamment auprès de ceux qui en ont à leur disposition.
Le nombre ou les unités d’allocation (« allowances ») sont fixées par des quotas d'émissions qui sont eux établis par l'autorité publique dans le cadre d'un mécanisme réglementaire. De façon simpliste, c’est l’équilibre entre l’offre et la demande qui permet de générer des crédits. Prenons l’exemple de deux organisations, A et B. A recevra un nombre X d’allocations. Si A réussit dans une année donnée à émettre moins d’émissions de GES (en tonnes CO2eq) que sa quantité d’allocations, elle aura des allocations (crédits) à vendre. Si B émet, quant à elle, plus d’émissions de GES que sa quantité d’allocations, elle devra acheter de A des allocations.
B pourrait aussi acheter des crédits d’une organisation C non règlementée qui a décidé de réaliser un projet de GES et qui a ainsi généré des crédits de CO2. C’est ce qu’on appelle le marché de compensation (« offset »). D’un point de vue générique, la compensation des émissions de GES est un mécanisme de financement par lequel une personne physique ou morale substitue partiellement ou totalement une réduction à la source de ses propres émissions en achetant auprès d’un tiers une quantité équivalente de crédits carbone.
Dans le marché volontaire, une organisation D non réglementée réalise un (ou des) projet de GES qui génère(nt) des crédits d’émissions. Elle peut les vendre de gré à gré (« Over The Counter » -OTC) ou les vendre à des détaillants de compensation qui eux les vendent à d’autres organisation ou à des individus. Les motivations des vendeurs et acheteurs sont diverses mais généralement liées au désir de se familiariser avec les règles du marché du carbone, à un souci de responsabilité sociétale, à une opportunité d’affaire ou à un positionnement de marché.
Nous ne sommes pas dans un monde idéal et, conséquemment, il y a une variation importante dans la «qualité» et le rendement des projets proposés. Plusieurs types de certification permettent d’assurer la qualité des crédits. Les plus strictes et reconnues sont celles liées aux marchés règlementés du MDP et de la MOC qui sont encadrés par un processus rigoureux et basées sur des méthodologies approuvées. Dans le marché volontaire, différentes «certifications» assurent une certaine qualité aux crédits échangés. Cette qualité est généralement associée à divers éléments tels la démonstration de l’additionalité, la crédibilité du promoteur de projet, la transparence du processus, la vérification des réductions ou des accroissements d’absorption par une tierce partie indépendante et crédible, la tenue d’un registre pour éviter la double comptabilisation et évidemment l’utilisation de protocoles de quantification reconnus. Certains projets visent aussi à intégrer des objectifs de développement durable. Le projet Carbone Boréal tient compte de tous ces éléments afin d’assurer la plus haute qualité aux crédits qui sont offerts pour la compensation. Le projet et les thématiques de recherches s’inscrivent dans une optique de développement durable et un comité consultatif constitué de parties prenantes touchées/intéressées par le projet (incluant la communauté montagnaise de Mastheuiasth) accompagne d’ailleurs les promoteurs.
Les activités humaines, surtout depuis l’avènement de l’industrialisation, causent une forte augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Si l’effet de serre est tout de même, en soi, essentiel à la vie telle qu’on la connaît, il reste que cette augmentation de gaz à effet de serre nous mène au point où le réchauffement de notre planète est sans précédent dans l’histoire relativement récente (depuis les derniers 800 000 ans) de la Terre et menace même la survie de notre espèce.
Or, le plus important des gaz à effet de serre que nous émettons par nos activités, le CO2, est également le seul gaz utilisé par les plantes pour faire la photosynthèse, phénomène à la base de la vie sur Terre. En fait, près du tiers (30%) des émissions de gaz à effet de serre attribuables à l’homme sont présentement recaptées de façon naturelle par les plantes terrestres, notamment les arbres. Autrement dit, sans les arbres le problème des changements climatiques seraient déjà bien pire.
Les experts mondiaux du climat considèrent donc que la séquestration du CO2 par les arbres – le résultat direct de la photosynthèse – est un des moyens les plus évidents pour atténuer nos émissions de gaz à effet de serre. D’autres mesures d’atténuation existent et doivent être aussi mises en œuvre, par exemple améliorer l’efficacité énergétique de nos maisons ou encore passer du chauffage au mazout vers l’hydroélectricité. Cependant, accroître la séquestration du CO2 par les arbres figure parmi les mesures les moins coûteuses et les moins techniquement risquées. D’ailleurs, ces experts estiment qu’avec des efforts modestes on pourrait augmenter de 25% (actuellement) à 40% (d’ici 2030) la contribution des arbres à l’atténuation globale de nos émissions de gaz à effet de serre. La plus grande part de ce potentiel serait accomplie grâce à l’augmentation des superficies boisées par la plantation d’arbres et à la diminution de la déforestation.
La compensation des émissions de GES est un mécanisme d’échange par lequel une personne physique ou morale substitue partiellement ou totalement une réduction à la source de ses propres émissions en achetant auprès d’un tiers une quantité équivalente de crédits carbone. Le principe sous-jacent à la compensation est qu’une quantité donnée de GES émise dans un endroit peut être « compensée » par la réduction ou la séquestration d’une quantité équivalente de GES en un autre lieu. Ce principe de « neutralité géographique » est au cœur des mécanismes mis en place par le Protocole de Kyoto que sont le mécanisme de développement propre (MDP) et la mise en œuvre conjointe (MOC).
Les projets de compensation par plantation d’arbre permettent donc d’atténuer des émissions de gaz à effet de serre. Atténuer est en fait l’une des trois actions reconnues mondialement pour faire face aux changements climatiques globaux : 1) Réduire les émissions (par exemple utiliser moins d’essence en se déplaçant davantage en vélo), 2) Atténuer les émissions de gaz à effet de serre passées ou inévitables (par exemple capter du CO2 en plantant des arbres), 3) S’adapter aux changements climatiques (par exemple en protégeant les zones littorales menacées par la montée du niveau des océans et les hivers moins longs). En bref, lorsqu’on compense des émissions de gaz à effet de serre, on répond au fait qu’il y a du CO2 déjà en trop dans l’atmosphère ou qui sera émis inévitablement par nos activités.
Règle générale, la compensation vise à retirer totalement de l’atmosphère l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre faites par une activité précise. Cela exige donc qu’une comptabilisation rigoureuse des émissions soit faite afin de déterminer précisément le niveau de compensation nécessaire pour arriver à un bilan d’émission nul (carbo-neutre). De même, une validation rigoureuse de l’activité de compensation doit être effectuée pour s’assurer que le bilan d’émission est bien nul, une fois la compensation complétée. Par exemple, il est établi qu’un litre d’essence brûlé émet 2.4 kg de CO2 dans l’atmosphère, de telle sorte qu’une voiture compacte consommant 10 litres/100 km émettra 0.24 kg de CO2 par km parcouru. Puisqu’on estime qu’une épinette noire en forêt boréale séquestre en moyenne 140 kg de CO2 après les 70 premières années de sa vie, il en résulte qu’une seule épinette noire permet de compenser les émissions d’une voiture compacte ayant parcouru 583 km (140 kg séquestré ÷ 0.24 kg émis à chaque km), soit un peu plus que la distance Saguenay-Montréal. Ou, encore, un hectare d'une plantation d'épinettes noires à maturité (2 000 arbres) permet de séquestrer la consommation annuelle (24 000 km) d'une cinquantaine de ces voitures compactes.
La compensation offerte par Carbone boréal comprend donc une vérification rigoureuse et transparente de la séquestration nette. D’abord, chaque arbre planté est géoréférencé et répertorié au registre de Carbone boréal, disponible sur le site internet carboneboreal.uqac.ca Ainsi, chaque contributeur de Carbone boréal peut savoir en tout temps où précisément sont plantés les arbres associés à sa compensation. Ensuite, le protocole de quantification et de suivi de la captation nette de carbone se conforme à la norme ISO 14064-2 et fait l’objet d’une validation par l’Association canadienne de normalisation (CSA). Les plantations du projet sont par la suite vérifiées selon la norme internationale ISO 14064-3 par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), une tierce partie indépendante et reconnue. Aussi, les arbres plantés font tous partie intégrante d’un réseau de dispositifs expérimentaux scrutés à la loupe par des chercheurs et étudiants-chercheurs (maîtrise et doctorat) de l’UQAC, et ses chercheurs-collaborateurs gouvernementaux et venant d’autres universités. L’ensemble des recherches portent sur différents thèmes reliés au calcul de la séquestration réelle (ou estimée) par les arbres. C’est ainsi que toute hypothèse de séquestration par les arbres sera testée de façon détaillée en fonction des différents facteurs pouvant influencer le taux de séquestration, par exemple le type de sol, l’intensité de la compétition par la végétation concurrente, l’essence indigène plantée (l’épinette noire versus le pin gris versus le mélèze), etc. En plus, les meilleurs outils de modélisation mathématique seront utilisés pour faire la projection dans le temps de la séquestration par les arbres, en tenant compte des catastrophes naturelles (feux, épidémies, etc.) ou tout autre facteur pouvant influencer la séquestration à long terme. Les aspects sociaux et éthiques des activités de plantations en lien avec les collectivités impliquées feront également l’objet de recherche. Enfin, tous les résultats obtenus par l’équipe de recherche de Carbone boréal feront l’objet de publications dans les journaux scientifiques avec révision par les pairs et seront rendus disponibles sur le site internet de Carbone boréal. De cette façon, les affirmations de compensation seront toujours mises à jour grâce aux avancements de la science, eux mêmes rendus possibles grâce à la contribution de tous et chacun dans le programme Carbone boréal.
La réduction à la source des émissions et l’atténuation des émissions ne sont pas en compétition et DOIVENT même être mis en œuvre conjointement. En fait, si les gaz à effet de serre continuent à s’accumuler au rythme actuel, le danger que représente l’augmentation globale prévue de la température nécessite les deux approches. De très récentes études révèlent même qu’une hypothétique réduction à zéro des émissions anthropiques de gaz à effet de serre ne serait pas suffisante pour empêcher un réchauffement global à court terme, puisque les émissions passées ont un temps de résidence dans l’atmosphère beaucoup plus long que ce qu’on avait toujours pensé. Bref, il faut non seulement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais il faut retirer de l’atmosphère ce qui est inévitablement émis par nos activités même les plus essentielles. À titre d’exemple, l’agriculture est en soi une activité émettrice, même avec les meilleures pratiques culturales.
Par ailleurs, la « beauté » de l’atténuation des gaz à effet de serre par la plantation d’arbres est qu’elle permet de la séquestration à long terme, en particulier en zone boréale où la croissance des arbres est lente. Une plantation permettra donc potentiellement de retirer de l’atmosphère des gaz à effet de serre durant une période critique où les solutions « faciles » auront été déjà déployées. Même si la séquestration du CO2 par une plantation ne permet pas nécessairement de maintenir les stocks de carbone de façon indéfiniment permanente (par exemple, à cause des pertes causées par les perturbations naturelles), il demeure qu’elle nous permet à tout le moins « d’acheter » du temps en repoussant toujours à plus tard un réchauffement accru éventuel. Par contre, pour qu’elles constituent effectivement une action d’atténuation efficace même si parfois temporaire, les plantations doivent nécessairement être rapidement mises en place, d’une part, et doivent aussi émettre le moins possible de gaz à effet de serre lors de leur implantation (à cause, par exemple, des émissions causées par les opérations forestières). Ces enjeux liés à l’ « efficacité » ainsi qu’à la « permanence » de la séquestration font justement l’objet de projets concrets de recherche dans le cadre de Carbone boréal.
Un autre aspect bénéfique de l’atténuation des gaz à effet de serre par la plantation d’arbres est qu’elle permet d’aller au-delà de la simple compensation des émissions liées à nos activités. En d’autres mots, une plantation peut également être mise en place dans l’objectif de capter des émissions passées. D’ailleurs, le programme de compensation Carbone boréal invite chaque contributeur à être Préventif pour le climatTM, c'est-à-dire à doubler sa compensation par rapport à ce que l’activité visée nécessiterait présentement. Le concept Préventif pour le climatTM, élaboré par la Chaire Éco-conseil de l’UQAC, vise à répondre à un des grands principes de base du développement durable, soit l’équité intra- et inter-générationnelle. L’analyse des derniers rapports du GIEC montre que même en faisant des efforts très importants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, les émissions non-compensées risquent de doubler la concentration préindustrielle d’ici le milieu du présent siècle. La compensation en double des émissions de gaz à effet de serre mesurées vise ainsi à retarder l’atteinte de ce niveau et donner aux plus démunis d’aujourd’hui et aux générations à venir les marges de manœuvre pour s’adapter aux changements climatiques, en termes de connaissances, d’infrastructures et de technologies. C’est aussi une application à la fois du principe de responsabilité et du principe de précaution.
Toute compensation faite à travers le programme Carbone boréal devient du même coup une contribution à la recherche sur la séquestration du carbone forestier en zone boréale par l’équipe de l’UQAC. La mécanique de la contribution à Carbone boréal fonctionne en 3 étapes :
Les plantations sont établies une fois l’an, à raison de 100 hectares par année, c'est-à-dire l’équivalent d’environ 200 000 nouveaux plants annuellement. Les 100 hectares annuels ne sont pas géographiquement regroupés, mais sont plutôt répartis spatialement en blocs de 20 hectares (donc 5 blocs de 20 hectares par année) dispersés dans le secteur prioritaire de plantations Carbone boréal (voir la figure suivante).

L’idée est de répartir le plus possible les risques de pertes par perturbations naturelles (feux, insectes, ou autres), de façon à diminuer la probabilité qu’une seule perturbation n’affecte tous les arbres plantés pour une même activité de compensation. La mécanique d’attribution des plants aux différents contributeurs de Carbone boréal se fait en 3 étapes :
A) Les 100 hectares annuels de plantations sont établies de juin à septembre dans le secteur prioritaire de plantations Carbone boréal, suivant d’abord un plan pré-établi (en collaboration avec le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune) de répartition géographique des blocs expérimentaux (5 blocs de 20 hectares par année). Chacun des blocs expérimentaux (des répétitions en termes statistiques) est conçu pour permettre de tester 3 grandes questions d’un intérêt scientifique fondamental :
À ce titre, il est important de mentionner que tant les arbres issus de la plantation comme telle que ceux issus d’ensemencement naturel (rendu possible grâce au scarifiage du sol) seront attribués aux contributeurs de Carbone boréal (les deux étant induites par l’activité humaine, en conformité avec les normes internationales existantes, GIEC 2003), et ce pour un total maximal attribué de 2000 arbres à l’hectare. Le graphique suivant schématise un bloc expérimental.

B) Chacun des arbres (plantés et ensemencés naturellement) des 5 blocs expérimentaux annuels se voit attribué aux nouveaux contributeurs de Carbone boréal à l’automne de l’année d’établissement des plantations, en fonction du nombre d’arbres par contributeur et des trois contraintes suivantes pour chaque contributeur :
À ce titre, il est important de mentionner que tant les arbres issus de la plantation comme telle que ceux issus d’ensemencement naturel (rendu possible grâce au scarifiage du sol) seront attribués aux contributeurs de Carbone boréal (les deux étant induites par l’activité humaine, en conformité avec les normes internationales existantes, GIEC 2003), et ce pour un total maximal attribué de 2000 arbres à l’hectare. Le graphique suivant schématise un bloc expérimental.
C) Les contributeurs et leurs arbres attribués sont ensuite placés au registre Carbone boréal, avec une indication claire du nombre d’arbres attribués, des blocs expérimentaux correspondants et de leurs coordonnées géographiques précises. Des photos de chaque bloc expérimental viennent aussi agrémenter le registre..
Pour le marché du carbone réglementaire créé grâce au Protocole de Kyoto – dont le Mécanisme de Développement Propre (MDP) et la Mise en Œuvre Conjointe (MOC) sont les principaux mécanismes – les critères à rencontrer pour qu’un projet de plantation soit approuvé sont stricts et bien définis. Du côté du marché volontaire, auquel souscrit Carbone boréal, l’absence d’obligation légale ou réglementaire rend difficile l’harmonisation des standards et des processus de certification. Cependant, depuis 2005 le marché de la compensation volontaire est en pleine expansion et les standards proposés ont été critiqués, révisés et améliorés. Certains programmes de certification existent spécifiquement pour les projets de plantation et des normes de quantification peuvent être appliquées. La norme ISO 14064-2, internationalement reconnue, sera utilisée pour la quantification des plantations du projet Carbone boréal. Il s’agit là d’une exigence du Registre GES des ÉcoProjets™ de l’Association canadienne de normalisation (CSA). La Chaire en Éco-Conseil et CSA ont établie un partenariat afin que le projet Carbone Boréal figure dans ce registre et devienne LA référence pour les projets de boisement en forêt boréale. Ce processus d’enregistrement rigoureux écarte la possibilité de compter en double les gaz à effet de serre séquestrés car chaque tonne de CO2 retirée pour la compensation se voit attribuée un numéro de série. L’exigence de vérification des affirmations de séquestration sera complétée selon les standards de la norme ISO 14064-3 par le Bureau de Normalisation du Québec (BNQ), une tierce partie indépendante et reconnue.
La méthodologie de mesure, de validation et de vérification de la séquestration du carbone dans le projet Carbone Boréal comprend également une triple « assurance-risque ». D’abord, toutes les plantations du projet ont le statut de « Forêt d’expérimentation » octroyé par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (Loi sur les forêts, Chapitre V, Section I, Articles 107-109), les protégeant à long terme de toute exploitation forestière. Ensuite, la susceptibilité des plantations face aux perturbations naturelles (feux, insectes, maladies, etc.) sera amoindrie par une répartition spatiale des plantations et l’utilisation de différentes essences plantées. Les plantations seront réparties entre divers dispositifs expérimentaux distincts. Chaque dispositif expérimental annuel couvrira 100 hectares (ha) répartis également entre 5 blocs expérimentaux (des répétitions en termes statistiques) de 20 ha. chacun, spatialement distancés de plusieurs dizaines de km au sein de la forêt boréale continue (dans la portion dite commerciale). Enfin, chacun des blocs comprendra la plantation d’un assortiment d’essences indigènes (épinette noire, pin gris, mélèze laricin) dont la vulnérabilité aux insectes et/ou aux feux varie. Enfin, un réseau déjà existant de plantations expérimentales sur territoires dénudés servira de réserve au cas où le taux de compensation affirmé (140 kg de CO2 par arbre après 70 ans) était compromis en raison de mortalité ou toute autre cause (feux, insectes, maladies, chablis, broutage, etc.). Cette méthodologie rigoureuse, transparente, validée et vérifiée assure donc chaque contributeur de Carbone boréal l’obtention de crédits-carbone crédibles.
Pour qu'une plantation ait valeur crédible sur les marchés du carbone en terme de crédits compensatoires (offset), il faut faire la démonstration que la plantation correspond à une séquestration nette positive (additionnelle) par rapport au «scénario de référence», c'est-à-dire le même site sans plantation ni aucune intervention. Pour que les accroissements de séquestration du carbone issus de la plantation soient additionnels, il faut aussi que le terrain sur lequel la plantation sera faite (ou a été faite) rencontrent les critères de boisement/reboisement utilisés dans les meilleurs protocoles reconnus internationalement, notamment l’Article 3.3 du Protocole de Kyoto ». Les terrains sur lesquels se font les plantations Carbone Boréal rencontrent ces critères. Ces exigences rendent toute évaluation a posteriori ardue si le scénario de référence n'a pas été établi et suivi depuis le début (au moment même de l'établissement de la plantation). De plus, pour faire la comptabilisation des scénarios (boisement/reboisement et référence) il faut suivre les meilleurs méthodologies, normes et protocoles disponibles, faire vérifier par une tierce partie crédible et indépendante les affirmations d’accroissement de la séquestration, les suivis de plantations et la documentation. Bref l’accès au marché pour y fournir des crédits robustes qui sauront rencontrer les exigences des investisseurs implique d’importants investissements tant sur le plan du suivi, de la comptabilisation que de la vérification. Le projet Carbone Boréal étant spécifique aux plantations d’espèces indigènes du domaine de la pessière à mousses, nous recommandons aux promoteurs de projets privés de se référer au protocole de Arbres Canada, un organisme qui peut venir en aide pour des projets sur terrains privés.
La programmation de recherche de Carbone boréal, financée par ses différents contributeurs-compensateurs, portera fondamentalement sur 5 grands volets de recherche à long terme. Les deux premiers volets touchent davantage des thèmes reliés directement à la séquestration du carbone et aux écosystèmes forestiers, alors que les trois autres volets touchent plutôt des thèmes reliés indirectement à la séquestration du carbone comme telle. Voici une brève description des différents volets de recherche prévue.
A) Capacité de support des terrains dénudés pour le boisement
B) Permanence de la séquestration
C) Chaîne de création de valeur
D) Enjeux socio-politiques
E) Autres impacts non-carboniques
N.B. : Prendre note que le logo de Carbone boréal est protégé en vertu de la Loi sur le droit d’auteur (© UQAC 2009) contre toute reproduction. Une version adaptée du logo est remise à tout contributeur de Carbone boréal pour diffusion. Le logo a été créé par Pigé! Communication.
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