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Fonctionnement de Carbone boréal

  1. Carbone boréal, c’est quoi?
  2. Où sont situées les plantations de Carbone boréal?
  3. Comment sont calculées les compensations?
  4. Est-ce que je recevrai un reçu pour don de charité?
  5. Comment sera enregistrée ma compensation?
  6. Est-ce que les plantations Carbone boréal sont vérifiées?
  7. Comment vous assurez-vous de la permanence des plantations Carbone boréal?
  8. Que se passera-t-il lorsque les plantations arriveront à maturité?
  9. À quoi ma contribution à Carbone boréal servira-t-elle?
  10. Que veut dire le statut Préventif pour le climat?
  11. Sur quoi porte la recherche dans le cadre de Carbone boréal?
  12. Est-ce que je peux publiciser ma compensation avec Carbone boréal?
  13. Informations générales sur les changements climatiques

  14. Comment les gaz à effet de serre causent-ils les changements climatiques?
  15. Quels sont les principaux GES?
  16. Que signifie « compenser » des émissions de gaz à effet de serre?
  17. Est-ce préférable de réduire ces émissions?
  18. Comment les arbres contribuent-ils à la lutte aux changements climatiques?
  19. Qu’est-ce que l’empreinte carbone?
  20. Comment réduire son empreinte carbone?
  21. Comment savoir si un organisme de compensation est fiable?
  22. Qu’est-ce que le marché du carbone?
  23. Je veux faire (ou j’ai) une plantation sur mon terrain. Puis-je en tirer des crédits de carbone?

1. Carbone boréal, c’est quoi?

Carbone boréal est à la fois un programme de compensation de gaz à effet de serre (GES) par plantation d’arbres et une infrastructure de recherche de l’UQAC.

Carbone boréal permet aux organisations et individus de compenser des émissions de gaz à effet de serre (GES), provenant de leurs entreprises, organismes, activités, vie de famille, etc. Les plantations servent également de dispositifs de recherche universitaire, disponibles à la communauté scientifique.

Mis sur pied en 2008, Carbone boréal est devenu officiellement une infrastructure de recherche de l’UQAC au printemps 2018 assurant la pérennité du projet. L’infrastructure de recherche est sous la supervision d’un professeur responsable et d’un comité exécutif. Un comité scientifique est également mandaté pour discuter des enjeux scientifiques. Les plantations de Carbone boréal sont rendues disponibles aux chercheurs à l’interne ou à l’externe de l’UQAC qui souhaitent utiliser les dispositifs et ressources associées pour effectuer des travaux de recherche.

Les gouvernements, entreprises et le public, en plus de pouvoir compenser des émissions de GES, bénéficient des travaux menés sur le réseau de plantations puisqu’ils font avancer les connaissances sur les changements climatiques. (voir le FAQ « Sur quoi porte la recherche dans le cadre de Carbone boréal?)

2. Où sont situées les plantations de Carbone boréal?

Les plantations se situent principalement en forêt boréale au Nord du Lac-St-Jean mais aussi sur des parcelles de terres agricoles inexploitées.

Les plantations du réseau général de Carbone boréal sont établies sur des terres du domaine public considérées par les inventaires forestiers du Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune du Québec comme des non-forêts : les dénudés secs (DS), aussi appelés landes forestières. Les dénudés sec sont majoritairement situés dans le domaine de la pessière à mousses, situé approximativement entre les 49ème et 52ème parallèles. L’épinette noire (Picea mariana) est l’espèce arborescente dominante, représentant plus de 75% du couvert forestier de la pessière à mousses.

Les DS sont créés par des accidents de régénération (passage de feux successifs ou d’épidémie d’insectes), résultant en une conversion de peuplements fermés de la pessière à mousse à des peuplements ouverts, les DS (pourcentage de recouvrement est inférieur à 25 %). Depuis les 50 dernières années, une augmentation graduelle de la création des DS a été observée. Approximativement 7% du domaine de la pessière à mousse, soit 1,7 M ha, est constitué de DS, dont près de 10 % se situe à moins de 5 km du réseau routier existant.

Pour le volet agricole, les plantations sont situées sur des portions de terres en friche ou impossible à exploiter qui ne sont pas utiliser pour l’agriculture. Ceci comprend des coulées, crans, pentes abruptes, gravières, etc. Les terres sont sélectionnées en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Les plantations sont présentement établies dans le secteur du Lac-St-Jean, mais pourront éventuellement s’implanter dans d’autres secteurs au besoin.

3. Comment sont calculées les compensations?

La quantité de CO2 compensée est basée sur la séquestration d’une épinette noire en forêt boréal.  L’étude de Gaboury et al (2009) a montré qu’une épinette noire des dispositifs Carbone boréal captera 140 kg (0,14 t) de CO2 éq. après 70 ans. Cette quantité est utilisée pour déterminer le nombre d’arbres à planter pour compenser les émissions de GES calculées par le calculateur de Carbone boréal, qui utilise les meilleures données scientifiques (facteurs d’émissions) disponibles.

La compensation carbone vise à retirer totalement de l’atmosphère l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre faites par une activité donnée (Voir le FAQ « Qu’est-ce que l’empreinte carbone? »). Cela exige donc qu’une comptabilisation rigoureuse des émissions soit faite afin de déterminer précisément le niveau de compensation nécessaire pour arriver à un bilan d’émission nul.

Le calcul de compensation Carbone boréal est basé sur l’affirmation de séquestration d’une étude réalisée ici à l’UQAC (Gaboury et al., 2009). Cette étude a permis de calculer le bilan net de séquestration du carbone entre un DS naturel non aménagé et un DS aménagé et boisé avec de l’épinette noire. Les résultats ont démontré un potentiel de séquestration du carbone (C) de 77 t C ha-1, soit un taux de séquestration nette de 1.1 t C ha-1 année-1 (résultant de l’absorption de 4 t CO2 éq. ha-1 année-1), 70 ans après le boisement. Pour une seule épinette noire, cela représente une séquestration de 140 kg de CO2 éq après 70 ans.

Une analyse de cycle de vie (ACV) a également été effectuée dans cette étude afin d’évaluer les émissions de GES reliées au boisement des DS. L’ACV a démontré que, dans un contexte de boisement/reboisement en forêt boréale du Québec, toutes les opérations reliées au boisement (près de 40 procédés, allant de la production des semences et des plants, de la construction de chemin et du suivi des plantations) représentent moins de 0,5% du bilan C net après 70 ans.

Exemples : puisqu’on estime qu’une épinette noire en forêt boréale séquestre en moyenne 140 kg de CO2 après les 70 premières années de sa vie, il en résulte qu’une seule épinette noire permet de compenser les émissions d’une voiture compacte ayant parcouru 736 km (140 kg séquestré ÷ 0.19 kg émis à chaque km), soit l’aller-retour Saguenay-Drummondville; un hectare d’une plantation d’épinettes noires à maturité (2 000 arbres) permet de séquestrer la consommation annuelle (20 000 km) de plus de 70 voitures compactes.

4. Est-ce que je recevrai un reçu pour don de charité?

Oui, en compensant des émissions via le site internet vous faites un don qui contribue au financement des recherches effectuées par l’équipe de Carbone boréal et un reçu vous sera émis à la fin de l’année.

Tout l’argent recueilli par le site internet Carbone boréale est sous forme de don et transige par le Fonds de développement de l’UQAC. Les personnes et organismes qui compensent leurs émissions de GES avec Carbone boréal recevront donc un reçu pour don de charité, déductible d’impôts, pour toute compensation cumulative de plus de 20$ sur une année. Les reçus sont envoyés automatiquement par la poste au mois de février l’année suivante.

Dans le volet agricole la compensation d’une tonne de CO2 éq. est à 35$ (5$/arbre) au lieu de 28$ (4$/arbre) dans le volet général et la différence est versée en redevance aux agriculteurs/propriétaires des terres où les plantations se trouvent. La partie recueillie par Carbone boréal fait l’objet d’un reçu pour don de charité mais non le montant servant de redevance.

5. Comment sera enregistrée ma compensation?

Nous tenons un registre mis à jour et publié mensuellement sur le site internet Carbone boréal. Chaque contribution se voit attribuer un numéro unique dans le registre.  

Afin d’assurer le suivi et d’éviter une double comptabilisation, chaque nouvelle compensation est inscrite au registre Carbone boréal. Ce registre est mis à jour à chaque mois et accessible publiquement en ligne sur le site, sous l’onglet « Registre et cartes ». Chaque contribution se voit attribuer un numéro unique dans le registre. Les noms des compensateurs/organismes, etc. sont indiqués ainsi que le dispositif/plantation géoréférencé où se trouvent les arbres attribués pour séquestrer le CO2 relatif à chaque contribution. Les arbres ne sont affectés qu’une fois et lorsque le nombre d’arbres plantés dans un dispositif est épuisé, on passe au suivant.

Par la suite, un certificat de compensation est envoyé électroniquement à la personne ou l’organisme ayant compensé des émissions. Ce certificat est la preuve officielle que la compensation a bien été comptabilisée et que les arbres ont été attribués. Le nom du contributeur, le nombre de tonnes de CO2 compensées, le nombre d’arbres reboisés et une description de l’activité qui motive la compensation sont indiqués. Le certificat comprend également un numéro unique lié au registre Carbone boréal.

6. Est-ce que les plantations Carbone boréal sont vérifiées?

Oui, les plantations de Carbone boréal et les affirmations de séquestration sont validées par une tierce partie indépendante (le Bureau de normalisation du Québec (BNQ)) selon la norme ISO 14064-2 et 3. Les arbres attribués pour vos compensations existent et séquestrent bien le CO2 prévu.

Tout organisme de compensation crédible doit être vérifié par une tierce partie indépendante. La compensation offerte par Carbone boréal comprend donc une vérification rigoureuse et transparente. Le protocole de quantification et de suivi de la séquestration nette de carbone se conforme à la norme internationale ISO 14064-2 et a fait l’objet d’une validation par l’Association canadienne de normalisation (CSA). Les plantations du projet sont par la suite vérifiées selon la norme ISO 14064-3 par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), une tierce partie indépendante et accréditée. Carbone boréal a été vérifié à deux reprises, en 2012 et 2018. Les rapports des vérifications passées peuvent être consultés en tout temps sur le site Carbone boréal. La vérification fait partie des procédures normales de gestion et doit être réalisée à intervalle, afin de couvrir les nouveaux dispositifs implantés.

Les vérifications ont permis au BNQ d’établir que la déclaration de séquestration de GES de Carbone boréal est juste et que les principes d’exactitude, de pertinence, de complétude, de cohérence, de transparence et de prudence ont été respectés selon l’esprit de la norme ISO 14064. Cela veut dire que les gens qui contribuent à Carbone boréal peuvent avoir l’assurance que les meilleures lignes directrices, normes et pratiques ont été suivies pour séquestrer du carbone par les plantations compensatoires Carbone boréal et que les précautions prises pour assurer l’additionnalité et la permanence des tonnes de GES compensées sont satisfaisantes aux yeux des vérificateurs.

7. Comment vous assurez-vous de la permanence des plantations Carbone boréal?

En plus de posséder des plantations de réserve (en cas de perte par le feu par exemple), les plantations du volet général jouissent du statut de Forêt d’expérimentation (renouvelable aux 30 ans) et un contrat (également renouvelable aux 30 ans et transférable en cas de vente) lie les propriétaires de terres agricoles où des dispositifs sont implantés à Carbone boréal.

Plusieurs mesures sont prises afin de limiter le risque de pertes du carbone séquestré par les plantations et ainsi assurer la permanence. Tout d’abord, les plantations Carbone boréal bénéficient du statut de Forêt d’expérimentation (FE) octroyé la Direction de la recherche forestière (DRF) du MFFP. Ce statut est octroyé à une portion du territoire public réservée exclusivement à des fins de recherche et d’expérimentation. Elle représente un site privilégié pour la recherche puisque les dispositifs expérimentaux qui y sont établis jouissent d’une protection légale. Les seules activités d’aménagement forestier qui y sont autorisées sont liées aux activités de recherche approuvées par Carbone boréal. Le statut est octroyé pour une période de 30 ans renouvelable à échéance.

Ensuite, la susceptibilité des plantations face aux perturbations naturelles (feux, insectes, maladies, etc.) est amoindrie par une répartition spatiale des plantations et l’utilisation de différentes essences plantées. Les plantations sont réparties entre divers dispositifs expérimentaux distincts éloignés les uns des autres, diminuant les risques de pertes par perturbations naturelles.

Enfin, une quantité d’arbres correspondant à 30% de l’ensemble des arbres reboisés dans les plantations Carbone boréal est affectée à une réserve qui n’est pas attribuée pour les compensations. Cette réserve est utilisée seulement au cas où le taux de compensation affirmé (140 kg de CO2 par arbre après 70 ans) serait compromis par de la mortalité ou toute autre cause (feux, insectes, maladies, chablis, broutage, etc.). Cette méthodologie rigoureuse, transparente, validée et vérifiée assure donc à chaque contributeur de Carbone boréal la garantie que des arbres réels captent, comme il le souhaite, l’équivalent de leurs émissions de GES.

8. Que se passera-t-il lorsque les plantations arriveront à maturité?

Les arbres des plantations auront capté le CO2 équivalent à votre compensation à leur maturité. Par la suite, un équilibre entre les pertes de carbone par la décomposition et la croissance de la régénération s’établie garantissant le maintien du carbone séquestré.

Les plantations de Carbone boréal sont établies sur des dénudés secs, considérés comme des non-forêts. Le boisement de ces territoires permet donc de constituer une nouvelle forêt et de créer un nouveau puits de carbone. Une épinette noire au Québec atteint sa maturité entre 45 et 70 ans dépendant de la qualité du site où elle pousse. L’épinette mature peut ensuite vivre habituellement de 175 à 200 ans, jusqu’à un maximum de 250 ans. La plantation en DS garantie donc que le carbone qui y est séquestré le sera sur une longue période. Par la suite, la dynamique du carbone fait en sorte qu’une partie du carbone accumulé dans la biomasse des arbres est retournée dans l’atmosphère lors de la décomposition des arbres morts. Cependant, une partie du carbone est également transféré dans les sols forestiers lors de la décomposition. De plus, la régénération pré établie qui s’installe en sous-étage, soit le marcottage chez l’épinette noire, permettra à de nouveaux arbres de croitre et de séquestrer à nouveau du carbone lorsque les arbres matures morts leurs laisseront la place pour croître. En fait, une forêt mature est théoriquement en équilibre entre les pertes de carbone et la séquestration. Il a même été démontré que certaines vieilles forêts continuent d’avoir un bilan de séquestration du carbone positif.

Par ailleurs, il est possible de sécuriser la séquestration réalisée par les plantations de différentes façons. L’utilisation du matériau bois, en substitution à des matériaux plus émetteurs comme le béton, est une excellente façon d’augmenter encore plus le bilan carbone des plantations, en plus de stocker à long terme le carbone ayant été séquestré par les arbres. L’utilisation de la biomasse, pour l’alimentation de chaudière à combustion par exemple, est une autre façon de valoriser les plantations. Ces enjeux liés à l’efficacité ainsi qu’à la permanence de la séquestration fait l’objet de questions de recherche liées à Carbone boréal.

9. À quoi ma contribution à Carbone boréal servira-t-elle?

Votre compensation sert entièrement à Carbone boréal et socio-finance : la recherche effectuée par les chercheurs et étudiants-chercheurs de Carbone boréal,  les frais de vérification, le suivi des plantations et autres. Si vous compensez avec le volet agricole, une ristourne de 7$/tonne de CO2 compensée (1$/arbre) est remise au propriétaire de la terre.

Toute compensation faite à travers le programme Carbone boréal devient du même coup une contribution à la recherche sur la séquestration du carbone forestier par l’équipe de l’UQAC. L’argent recueilli par les compensations, sous forme de don, transige par le Fonds de développement de l’UQAC, lequel est ensuite mis à la disposition des chercheurs associés à Carbone boréal de la façon suivante : 20% est capitalisé dans le Fonds de recherche de Carbone boréal au Fonds de développement de l’UQAC. Cet argent rapporte des intérêts annuels dont les fonds peuvent être attribués ou capitalisés selon la décision annuelle du comité de gestion. Environ 5% est utilisé pour l’administration du programme Carbone boréal et les vérifications et le reste (75%) soutient les besoins des projets de recherche priorisés par l’équipe. Cet argent sert à payer des bourses pour des étudiants de cycles supérieurs, des équipements spécialisés, des professionnels de recherche et des frais directement liés à la recherche et à la diffusion des résultats.

10. Que veut dire le statut Préventif pour le climat?

Préventif pour le climat permet de compenser en double vos émissions dans une perspective intergénérationnelle où vous contribuez à amoindrir les émissions passées et présentes pour un meilleur avenir des générations futures.

Un autre aspect bénéfique de l’atténuation des changements climatiques par la plantation d’arbres est qu’elle permet d’aller au-delà de la simple compensation des émissions liées à nos activités. En d’autres mots, une plantation peut également être mise en place dans l’objectif de capter des émissions passées. Dans cette optique, le programme de compensation Carbone boréal invite chaque contributeur à être « Préventif pour le climatTM », c’est-à-dire à doubler sa compensation par rapport à ce que l’activité visée nécessiterait. Le concept Préventif pour le climatTM, élaboré par la Chaire Éco-conseil de l’UQAC à l’occasion de la 11ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 2005, vise à répondre à un des grands principes de base du développement durable, soit l’équité intra- et intergénérationnelle. L’analyse des derniers rapports du GIEC montre que même en faisant des efforts très importants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, les émissions non-compensées risquent de doubler la concentration préindustrielle d’ici le milieu du présent siècle. La compensation en double des émissions de gaz à effet de serre mesurées vise ainsi à retarder l’atteinte de ce niveau et donner aux plus démunis d’aujourd’hui et aux générations à venir les marges de manœuvre pour s’adapter aux changements climatiques, en termes de connaissances, d’infrastructures et de technologies. C’est aussi une application à la fois du principe de responsabilité et du principe de précaution, deux principes préconisés par la Loi québécoise sur le développement durable et par la Déclaration du Sommet de Rio en 1992.

11. Sur quoi porte la recherche dans le cadre de Carbone boréal?

Les dispositifs (plantations) peuvent servir à répondre à divers types de questions de recherche, principalement liés à la lutte aux changements climatiques, via la séquestration de carbone par la forêt.

Les plantations de Carbone boréale font toutes parties intégrantes d’un réseau de dispositifs expérimentaux disponibles autant aux chercheurs et étudiants-chercheurs de l’UQAC qu’à des chercheurs-collaborateurs gouvernementaux ou provenant d’autres universités. La recherche, financée par les différents contributeurs de Carbone boréal, porte principalement sur des thèmes reliés à la séquestration du carbone par les plantations et les adaptations de la forêt boréale aux changements climatiques. Voici un exemple de dispositif ainsi que des questions de recherche :

  • Quel est l’impact de la densité d’arbres matures déjà présents (ceux qui constituent le « scénario de référence ») sur la croissance et la survie de la régénération (pré-établie, plantée, ou par ensemencement naturel), la croissance des stocks de carbone, la fertilité des sols, etc.?
  • Jusqu’à quel point le type d’essence plantée influence-t-il le rendement ligneux des sites reboisés, la croissance des stocks de carbone, etc.? Les plantations Carbone boréal permettent de mesurer l’efficacité de différentes essences d’arbres indigènes dans ses blocs expérimentaux, notamment l’épinette noire, l’épinette blanche, le pin gris et le mélèze laricin.
  • Comment se compare la régénération issue de l’ensemencement naturel à celle plantée, en termes de rendement, de survie, de distribution spatiale, de croissance des stocks de carbone, etc.?
  • Comment la fertilisation avec des matières résiduelles de l’industrie forestière (ou autre) peut-elle favoriser la séquestration de carbone?

D’autres types de projets peuvent également être réalisés :

  • Potentiel économique du marché du carbone forestier;
  • Éducation à l’environnement et aux changements climatiques;
  • Enjeux social et éthiques de la compensation par la plantation d’arbres.

Les résultats obtenus par l’équipe de recherche de Carbone boréal qui font l’objet de publications dans les journaux scientifiques avec révision par les pairs sont dûment mentionnés sur le site internet de Carbone boréal.

12. Est-ce que je peux publiciser ma compensation avec Carbone boréal?

Si vous avez compensé avec nous et voulez le partager cela nous fera grand plaisir. Pour les entreprises ou organismes voulant utiliser le logo (marque déposée) pour du matériel promotionnel, vous devez nous contacter au préalable et une entente, sans frais, sera établie.

Pour les particuliers, vous pouvez et nous vous encourageons à parler de vos compensations dans votre entourage et via les médias sociaux. De plus, l’attestation de compensation qui vous est envoyée est votre preuve de contribution, et vous êtes libre de l’utiliser comme vous le désirez, sans bien sûr la modifier.

Pour les entreprises, si vous voulez promouvoir votre engagement avec Carbone boréal sur une plateforme quelconque, votre site internet par exemple, ou organiser un évènement médiatique, il est alors nécessaire de signer une entente d’échange de visibilité avec l’UQAC au préalable. Cette entente ne comporte aucun frais et vise simplement à encadrer l’usage du nom et du logo Carbone boréal qui sont des marques déposées à l’Office de la propriété intellectuelle du Canada. Ceci vous permettra entre autres de pouvoir utiliser notre logo. Communiquez avec-nous si vous désirez en savoir plus.

13. Comment les gaz à effet de serre causent-ils les changements climatiques?

Le CO2 et les autres GES émis dans l’air ceinture la terre et emprisonne la chaleur des rayons de soleil dans l’atmosphère (en réfléchissant les rayons infrarouges vers la surface de la terre). Plus de GES signifie plus de chaleur autour de la terre : c’est l’effet de serre. L’augmentation de l’énergie thermique dans l’atmosphère entraine les changements climatiques observés partout sur la planète.

L’atmosphère est transparente aux rayonnements lumineux mais retient une partie des infrarouges. En effet, la lumière qui parvient au sol est en partie réémise sous forme d’infrarouges en fonction de l’albédo, c’est-à-dire la capacité des surfaces à réfléchir la lumière. La partie de la lumière qui est absorbée par l’eau ou par les surfaces colorées est transformée en chaleur sous forme de rayonnement infrarouge. Différents gaz de l’atmosphère permettent de retenir ces infrarouges et créent un effet de serre. Sans ces GES, la température moyenne terrestre serait de -18°C alors qu’elle était de 14°C à l’époque préindustrielle, i.e., avant que les humains ne commencent à changer significativement leur concentration naturelle. Les GES sont donc en réalité essentiels à la vie sur terre telle qu’on la connaît. Le problème est que l’addition relativement récente et rapide de GES par les activités humaines provoque l’augmentation de la quantité de chaleur retenue dans le système et crée donc un réchauffement global accru, qui génère des changements climatiques. Depuis le début de l’ère industrielle, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique, le principal GES d’origine anthropique, est passé de 280 ppm (partie par million) à plus de 410 ppm.

Le suivi de la concentration de CO2 à l’observatoirede Mauna Loa à Hawaï peut être consulté à :

http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/co2_data_mlo.html

14. Quels sont les principaux GES?

Les GES peuvent être d’origine naturelle, comme la vapeur d’eau, ou strictement anthropiques, comme les CFC, PFC et certains autres polluants. Les GES n’ont pas tous le même pouvoir de réchauffement, par exemple, le méthane a 28 fois celui du CO2. Le CO2 est utilisé comme valeur de référence et les quantités d’autres GES sont converties en tonnes de CO2 équivalent pour faciliter les comparaisons et la compréhension.

Bien que les GES constituent une composante mineure de l’atmosphère, qu’ils soient de sources naturelles ou anthropiques, leurs effets sur le climat via l’accroissement de l’effet de serre est important. Les principaux gaz à effet de serre (et leur concentration atmosphériques) sont :

Sources naturelles ou anthropiques :

  • Vapeur d’eau : H2O (max. 3% localement)
  • Dioxyde de carbone : CO2 (410 ppm – ou 0.041%)
  • Méthane : CH4 (1,7 ppm)
  • Protoxyde d’azote : N2O (0,3 ppm)

Sources strictement industrielles :

  • Divers gaz halogénés (CFC, HFC, HCFC, PFC, SF6)

Comme la vapeur d’eau (H2O) a un cycle d’une durée moyenne de 9 jours dans l’atmosphère, elle n’intervient pas dans les changements climatiques. Seuls les gaz à longue durée de vie sont responsables de cette croissance, dont l’unité de référence est le CO2. Chaque GES est ainsi rapporté en termes d’équivalent en CO2 (CO2eq.) et on établit leur potentiel de réchauffement global (PRG), soit le nombre de fois qu’une molécule de ce gaz augmente l’effet de serre par rapport au CO2. Les principaux gaz à effets de serre ont le PRG suivant :

  • CO= 1
  • CH4 = 28
  • N2O = 265
  • HFC = 138 à 12 400
  • PFC = 6630 à 11 100
  • SF6 = 23 500

Globalement, la vapeur d’eau est responsable d’environ 65% de l’effet de serre naturel, alors que le CO2, en dépit de sa relativement faible concentration atmosphérique, en est responsable de 25%.

La figure suivante (tirée du rapport du GIEC 2014) montre l’évolution des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère entre 1970 et 2010 et leur contribution relative à l’effet de serre anthropique.

15. Que signifie « compenser » des émissions de gaz à effet de serre?

En conduisant notre voiture par exemple, nous augmentons les GES dans l’atmosphère et contribuons aux changements climatiques. Les molécules de CO2 relâchées vont circuler dans l’atmosphère durant environ 200 ans à moins d’être captées plus tôt. On peut mandater des organismes sérieux et vérifiés comme Carbone boréal pour le faire pour nous : c’est la compensation.

La compensation des émissions de GES est un mécanisme d’échange par lequel une personne substitue partiellement ou totalement ses propres émissions en achetant auprès d’un tiers la captation équivalente. Le principe sous-jacent à la compensation est qu’une quantité donnée de GES émise dans un endroit peut être « compensée » par la réduction ou la séquestration d’une quantité équivalente de GES en un autre lieu, puisqu’ils sont relâchés dans l’atmosphère et suivent le mouvement des masses d’air.

En bref, lorsque l’on compense des émissions de gaz à effet de serre, on répond au fait qu’il y a du CO2 déjà en trop dans l’atmosphère ou qui sera émis inévitablement par nos activités et on mandate une tierce partie pour pallier partiellement ou en totalité (soit la carboneutralité) nos émissions.

16. Est-ce préférable de réduire ces émissions?

Que l’on soit un individu, une famille, un organisme, une entreprise ou un gouvernement, il faut faire des efforts de réduction d’émissions de GES. Cependant, les modèles nous indiquent que même à zéro émission mondiale, les changements climatiques se poursuivraient puisque les GES demeurent dans l’atmosphère durant des dizaines d’années. Il faut donc aussi les capter et les séquestrer, entre autres, à l’aide de nouvelles forêts.

La réduction à la source des émissions et l’atténuation des émissions ne sont pas en compétition et doivent même être mis en œuvre conjointement. En fait, si les gaz à effet de serre continuent à s’accumuler au rythme actuel, le danger que représente l’augmentation globale prévue de la température nécessite les deux approches. Des études récentes révèlent même qu’une hypothétique réduction à zéro des émissions anthropiques de gaz à effet de serre ne serait pas suffisante pour empêcher un réchauffement global à court terme, puisque les émissions passées ont un long temps de résidence dans l’atmosphère. Bref, il est nécessaire de réduire nos émissions de gaz à effet de serre à la source, mais il est également nécessaire de retirer de l’atmosphère ce qui est inévitablement émis par nos activités. C’est ce que les experts appellent des émissions négatives. Le dernier rapport du GIEC sur comment limiter le réchauffement à 1,5˚C au 21ème siècle statue que les plantations d’arbres sur de très grandes surfaces avant 2050 seront nécessaires et constituent l’un des moyens à la portée de tous les pays pour lutter contre les changements climatiques.

17. Comment les arbres contribuent-ils à la lutte aux changements climatiques?

Le CO2 est le principal GES anthropique, or, la photosynthèse effectuée par les végétaux le capture et rejette de l’oxygène. Ainsi, les algues et l’ensemble des végétaux terrestres sont d’importants alliés dans la lutte aux changements climatiques en aidant à diminuer le niveau de CO2 présent dans l’atmosphère

Le plus important des gaz à effet de serre que nous émettons par nos activités, le CO2, est également le seul gaz utilisé par les plantes pour faire la photosynthèse, phénomène à la base de la vie sur terre, en libérant de l’oxygène dans l’atmosphère. En fait, près du tiers des émissions de gaz à effet de serre attribuables à l’homme sont présentement captées de façon naturelle par les plantes terrestres, notamment les arbres. Autrement dit, sans les arbres, le problème des changements climatiques serait déjà bien pire.

Les experts mondiaux du climat considèrent donc que la séquestration du CO2 par les arbres est un des moyens les plus évidents pour atténuer nos émissions de gaz à effet de serre. Accroître la séquestration du CO2 par les arbres figure parmi les mesures les moins coûteuses et les moins techniquement risquées. D’ailleurs, ces experts estiment qu’avec des efforts modestes, il serait possible de pratiquement doubler la contribution des arbres à l’atténuation globale de nos émissions de GES. La plus grande part de ce potentiel serait accomplie grâce à l’augmentation des superficies boisées par la plantation d’arbres et à la diminution de la déforestation.

18. Qu’est-ce que l’empreinte carbone?

L’empreinte carbone est une mesure des émissions de gaz à effet de serre (GES) attribué à un produit, une activité, une entreprise ou une personne. Nous sommes tous responsables d’émissions personnelles. Il est donc possible d’estimer notre propre empreinte en additionnant les impacts de nos activités (voir le questionnaire lié au calculateur de Carbone boréal pour compiler la vôtre).

L’empreinte carbone, exprimée en unités de CO2 équivalent, cumule les gaz qui affectent le climat en fonction de leur potentiel de réchauffement global (PRG). Le PRG indique combien de fois le potentiel de réchauffement d’une molécule du gaz est plus élevée par rapport au CO2.

Un exemple : pour calculer l’empreinte carbone d’un kilo de bœuf, il faut calculer la quantité de méthane produite par la fermentation entérique de l’animal et de la gestion du fumier, le CO2 émis par la combustion du carburant des machines nécessaires pour produire ses aliments et le transporter vers l’abattoir, le protoxyde d’azote résultant des engrais et les pertes de HCFC dans la chaine du froid. Le total de ces émissions est ensuite divisé par le nombre de kilos de viande qui seront mis en marché.

Pour calculer votre empreinte carbone individuelle, vous devez calculer l’ensemble des émissions causées par votre mode de vie : transport, voyage, alimentations, appareils électroniques, etc. Vous pouvez utiliser le calculateur Carbone boréal pour vous aider à calculer votre empreinte carbone ainsi que le questionnaire ICI pour vous guider.

19. Comment réduire son empreinte carbone?

Il existe plusieurs trucs pour réduire son empreinte carbone. Il faut d’abord être conscient des émissions liées à nos activités, particulièrement en ce qui a trait à l’utilisation de carburants fossiles (essence, diesel, mazout). En utilisant moins la voiture, en ne la laissant pas tourner inutilement ou en allant moins vite, on réduit les émissions. On peut aussi éviter les sacs de plastiques à usage unique, manger moins de bœuf, réutiliser au lieu de jeter et racheter, composter et ainsi de suite. Finalement, on peut compenser pour ce que l’on ne peut réduire.

Pour la majorité des gens, il est possible de réduire leur empreinte carbone en faisant des changements mineurs dans leurs habitudes de vie. Voici quelques exemples :

  • Économiser 1,1 litre d’essence par jour réduit votre empreinte d’une tonne par année. On peut y arriver en réduisant sa vitesse, en évitant les accélérations brusques, en évitant le ralenti inutile. Bien sûr, en évitant de prendre son auto pour les courts trajets et privilégier le transport actif et collectif. Lorsque l’on change de véhicule, choisir un nouveau véhicule qui consomme moins permet de réduire l’empreinte carbone d’une tonne pour chaque tranche de 2 litres aux cent kilomètres sur la cote de consommation de Transport Canada pour un parcours annuel de 20 000 kilomètres.
  • Si votre chauffage domestique fonctionne au mazout ou au gaz naturel, on peut gérer sa consommation en réduisant la température dans les pièces inoccupées. Ajuster le thermostat à la baisse la nuit et lorsque que personne n’est pas à la maison permet également de réduire sa consommation. Lors de rénovations s’assurer d’améliorer l’enveloppe thermique du bâtiment (fenêtre, portes, isolation). On peut aussi choisir un système biénergie ou un chauffage électrique au Québec.
  • Pour l’alimentation, la réduction de la consommation de viande contribue à la diminution de votre empreinte carbone. Un repas à base bœuf produit de 3 à 5 kilos de CO2 éq. par portion de 150 g de viande. Cinq repas de viande rouge par semaine augmentent donc d’une tonne l’empreinte carbone. En remplaçant la viande rouge par du poulet, du fromage ou un autre substitut (tofu, légumineuse, etc.), on peut diminuer ces émissions jusqu’à 75%.
  • En allongeant la durée de vie des appareils électroniques, comme les cellulaires et les tablettes électroniques, on réduit la portion d’empreinte carbone résultant de leur production. Le recyclage de ces produits peut également réduire une partie de leur empreinte carbone et contribuer à diminuer les autres impacts environnementaux de ces produits (utilisation de matériaux rares).
  • Pour les voyages, les croisières ou tout autre transport ou activité dont l’impact carbone ne peut être réduit, il est toujours possible de compenser les émissions reliées avec Carbone boréal pour réduire son empreinte carbone.

20. Comment savoir si un organisme de compensation est fiable?

Il faut être prudent quand on veut compenser puisque plusieurs compagnies ont vu le jour et certaines vendent des crédits carbone dont on ne peut vérifier l’existence. La quantité d’informations disponibles, la transparence sur les activités et la vérification par une tierce partie selon une norme reconnue sont des facteurs cruciaux pour être certain que notre argent sert bien à générer de la séquestration de CO2 réelle.

Plusieurs organismes de compensations ont vu le jour dans les dernières années. Plusieurs critères doivent être respectés pour être considéré comme un organisme de compensation fiable. Les réductions ou absorptions proposées doivent être :

  • additionnelles, c’est-à-dire qu’elle ne relève ni d’une obligation, ni du cours normal des affaires ;
  • quantifiées selon une méthodologie reconnue et approuvée ;
  • quantifiées de façon conservatrice ;
  • vérifiées par une tierce partie indépendante et crédible ;
  • uniques, c’est-à-dire qu’elle ne peut être attribuée deux fois ;
  • ne doivent pas occasionner de fuites (déplacements d’émissions) ;
  • doivent avoir un caractère de permanence sur au moins cent ans.

Également, tout organisme de compensation devrait répondre aux critères suivants.

  • Transparence : les documents de projet, les méthodologies, le registre et les rapports de vérification doivent être disponibles en tout temps, sur demande et sans frais ;
  • Imputabilité: l’organisme qui émet les certificats doit avoir une existence légale et offrir des garanties de permanence ;
  • Usage des fonds: l’organisme est-il à but lucratif ou non, à quoi servent les fonds recueillis? Rémunérer des actionnaires ? Développer de nouveaux projets ? Défendre une cause ?
  • Bénéfices ancillaires: comment l’organisme compensateur contribue-il au développement durable? Offre-t-il du soutien à des populations en développement ? Participe-t-il à la réhabilitation d’habitats ? Contribue-t-il à la recherche scientifique ?

La compensation carbonique par les individus est une question éthique qui relève des valeurs personnelles. Comme dans toute transaction financière, il faut s’assurer de la qualité de ce qu’on achète et de la fiabilité du fournisseur. Les bénéfices ancillaires peuvent avoir une importance aussi grande, voir plus grande que la carbo-neutralité en termes de bénéfices pour l’humanité et la planète.

21. Qu’est-ce que le marché du carbone?

Il existe plus d’un marché du carbone et le terme réfère à la vente et l’échange de crédits carbone. Sur le marché réglementé (le Québec est membre du Western climate initiative (WCI)) les crédits sont générés par des efforts de réduction des entreprises et peuvent être vendus à d’autres qui dépassent leurs quotas d’émission. Le marché volontaire, auquel participe Carbone boréal, permet à ceux le désirant mais n’y étant pas contrait par la loi, d’offrir ou d’acheter des crédits carbone ou des attestations de compensation d’émission.

Lors de la négociation du Protocole de Kyoto en 1997, les pays se sont entendus pour privilégier une approche de marché pour augmenter la flexibilité des échanges de droits d’émissions, afin de favoriser les réductions les plus faciles. Le mécanisme fonctionne comme un marché d’actifs où on recherche l’équilibre de l’offre et de la demande pour fixer les prix des transactions. Dans le marché du carbone règlementé, comme le SPÉDÉ qui lie le Québec et la Californie, les émetteurs se voient imposer une cible en fonction de leur historique et un plafond est fixé pour l’ensemble des émetteurs. Les émetteurs doivent mesurer et faire rapport de leurs émissions annuellement. S’ils émettent plus que leur cible, ils doivent acheter sur le marché des réductions supplémentaires qui ont été faites par d’autres grands émetteurs règlementés. Dans le cas où ils émettent moins que leur cible, ils se voient attribuer des certificats qu’ils peuvent vendre au plus offrant ou garder pour les appliquer à des dépassements dans une année subséquente. L’actif est défini en tonnes de CO2 équivalent. Les réductions doivent être produites selon un protocole de quantification approuvé et vérifiées selon les règles applicables sur le marché. Une certaine quantité de réductions effectuées par des émetteurs non règlementés peuvent être mises en vente dans un marché règlementé, mais elles doivent être réalisées selon des protocoles approuvés par l’autorité du marché. Ces réductions supplémentaires peuvent être appliquées par les grands émetteurs pour compenser des dépassements de leurs cibles. Chaque unité de réduction doit être unique.

Il existe aussi des marchés dits « volontaires » de compensation. Les émetteurs qui ne sont pas règlementés peuvent y échanger des certificats de réduction ou d’absorption d’émissions. Comme son nom l’indique, un marché volontaire ne comporte aucune obligation pour l’acheteur. En revanche, le vendeur qui émet des certificats doit suivre des normes très précises. La qualité des certificats de réduction ou d’absorption d’émissions dépend de la rigueur avec laquelle les vendeurs suivent de manière documentée les règles de la norme à laquelle ils se réfèrent. Certaines organisations vendent des réductions qui ne sont pas encadrées par une norme. Il est alors de la responsabilité de l’acheteur de s’assurer qu’il sait vraiment ce qu’il achète et qu’il a confiance à l’organisme auquel il fait une contribution. Pour en savoir plus, on peut consulter le FAQ « comment savoir si un organisme de compensation est fiable? »

22. Je veux faire (ou j’ai) une plantation sur mon terrain. Puis-je en tirer des crédits de carbone?

Générer et faire reconnaître des crédits carbone à partir de plantations sur un terrain privé est possible sur le marché volontaire mais cela est encore relativement compliqué et couteux. Il faut établir le scénario de base (quel est la normalité pour le terrain en question, va-t-on au-delà de ce que l’on ferait de toute façon?), suivre une méthodologie reconnue, faire vérifier les plantations, les calculs de séquestration et enregistrer les crédits. Sans accompagnement, le tout peut s’avérer difficile.

Pour qu’une plantation ait valeur crédible en termes de compensation, il est nécessaire de faire la démonstration que la plantation correspond à une séquestration nette positive qui est additionnelle par rapport au scénario de référence, c’est-à-dire le même site sans plantation ni aucune intervention. De plus, pour faire la comptabilisation des scénarios (boisement/reboisement et référence), il faut suivre les meilleures méthodologies, normes et protocoles disponibles. Finalement, pour être valide et crédible, il est essentiel de faire vérifier par une tierce partie accréditée et indépendante les affirmations de la séquestration, les suivis de plantations et la documentation.

Ces exigences rendent toute évaluation a posteriori ardue si le scénario de référence n’a pas été établi et suivi depuis l’établissement de la plantation. De plus, ces exigences demandent d’importants investissements en temps et en argent autant sur le plan du suivi, de la comptabilisation que de la vérification. Nous recommandons aux promoteurs de projets privés de se référer à Arbres Canada, un organisme qui peut venir en aide pour des projets sur terrains privés.